Comment avoir des rapports sexuels plus aventureux ?

« Le sexe n’est pas qu’une question de satisfaction », je me suis surpris Ă  expliquer Ă  ma femme, Erin, un soir. « Il s’agit de surmonter vos inhibitions et de vaincre la peur et la honte au nom d’un plaisir partagĂ©. »

Restez avec moi, les hommes : ce prĂ©ambule devait mener Ă  une liste – nos dĂ©sirs sexuels et nos objectifs sexuels pour la nouvelle annĂ©e – que je voulais que nous Ă©crivions ensemble. Voyez, nous Ă©tions tombĂ©s dans une routine, comme le font parfois les couples et ‹I a consultĂ© un sexologue, qui a suggĂ©rĂ© cette expĂ©rience comme moyen de nous en sortir. Mais je ne pouvais pas attaquer ma femme avec une telle liste. Nous avions besoin d’avoir une discussion sur ‹a Alors j’ai fait ce que n’importe quel homme ferait : Je suis sorti et j’ai achetĂ© une belle bouteille de vin.

Puis j’ai cuisinĂ© Erin un repas gastronomique, avec beaucoup de sel. TrĂšs vite, le vin a disparu et nous nous sommes retirĂ©s dans le boudoir. Puis j’ai suggĂ©rĂ©, le plus simplement possible, que nous prenions quelques rĂ©solutions Ă©rotiques. Et avec cela nous nous sommes assis, comparĂ©s nos listes et ‹avons dĂ©bouchĂ© une deuxiĂšme bouteille.

Massage Ă©rotique

Erin a donnĂ© le coup d’envoi. « Nous devons faire plus de massages, » dit-elle immĂ©diatement. J’ai acquiescĂ© d’un signe de tĂȘte rĂ©flĂ©chi. Mais honnĂȘtement, j’espĂ©rais qu’elle commencerait par quelque chose impliquant une dominatrice de luxe. Pour moi, le massage a toujours Ă©tĂ© une forme de prĂ©liminaires douce mais Ă©puisante.

« D’accord », j’ai dit. « Bien sĂ»r. »

La pointe de pĂ©tulance de mon ton n’Ă©tait pas particuliĂšrement subtile. « Je ne pense pas que vous voyez ce que je veux dire », a dit Erin. Elle parlait de la mĂȘme façon qu’elle le fait lorsque nos enfants ont de la difficultĂ© Ă  relier deux points.

« Deux mots : fin heureuse. »

C’est vrai.

Sexe en plein air

Ma premiĂšre suggestion Ă©tait de faire l’amour dehors. Je pensais Ă  un endroit trĂšs public, comme le parc. Le ‹danger de se faire prendre, la montĂ©e d’adrĂ©naline, une brise fraĂźche sur ‹sa peau toute nue – je pouvais tout voir.

J’ai Ă©tĂ© attirĂ©e par ce scĂ©nario, dis-je Ă  Erin, parce que notre vie sexuelle, avec ses soirĂ©es programmĂ©es et le mĂȘme lieu de rendez-vous, en Ă©tait venue Ă  se sentir un peu en sĂ©curitĂ©.

Erin n’Ă©tait pas entiĂšrement convaincue. En fait, elle a ri. « Maintenant que j’y pense, je n’ai jamais fait l’amour dehors, si on ne compte pas la voiture. »

Bonne idée ! Sexe dans une voiture

Cela m’a conduit directement Ă  ma suggestion de sauvegarde. J’avais fait ma part de tĂątonnements sur la banquette arriĂšre, mais je n’Ă©tais jamais allĂ© jusqu’au bout dans une voiture. « Quoi de plus sexy que de le faire dans une Prius ? » Erin a demandĂ©.
« Pourquoi ne pas le faire dans une Prius avec trois siĂšges de voiture ? » J’ai rĂ©pondu.
« Oui, il faudrait enlever les siĂšges d’auto », dit-elle. « Et vous devrez m’acheter un pack de six pour me mettre dans l’ambiance. » C’Ă©tait comme un progrĂšs.

Jeu de rĂŽle

Je voulais plus de dĂ©tails sur la prochaine rĂ©solution d’Erin parce qu’elle est ‹a anciennement amateur de Dungeons & Dragons ‹… et il y a vraiment ‹rien de moins sexy que D&D.

Mais Erin avait tout un plan. « On pourrait s’habiller et aller dans un endroit qu’on n’a pas l’habitude d’aller, comme le ballet. Mais on arrivait sĂ©parĂ©ment et on faisait semblant de ne pas se connaĂźtre. Et je porterais une robe de bal mais pas de sous-vĂȘtements. Puis, pendant le deuxiĂšme acte, on allait faire l’amour dans les toilettes des femmes. »

« J’adore ce concept », j’ai dit. « Et si au lieu du ballet, on allait dans un bar ? » Erin a rĂ©flĂ©chi une minute. « Tant que je peux porter la robe. »

Et cette rĂ©ponse, si je peux ĂȘtre franc, c’est ce que j’aime chez ma femme : c’est une joueuse. Non seulement ça, mais contrairement Ă  ce que j’avais cru, elle n’est pas contre toutes les formes d’exhibitionnisme. Elle est juste contre l’exhibitionnisme qui implique d’ĂȘtre Ă  l’extĂ©rieur et ce n’est pas vraiment choquant Ă©tant donnĂ© que son idĂ©e d’ĂȘtre brutale est de rester dans un hĂŽtel sans DStv.

Ancrage

À ce moment-lĂ , nous avions parcouru les prĂ©liminaires et tuĂ© la moitiĂ© de notre deuxiĂšme bouteille. Il Ă©tait donc temps pour moi d’aborder un sujet qui me mettait vraiment mal Ă  l’aise : l’ancrage.

J’avais lu que les hommes pouvaient avoir des orgasmes trĂšs intenses avec l’aide du massage de la prostate, un acte parfois appelĂ© – Dieu m’aide – « traire la prostate ».

La rĂ©action d’Erin n’Ă©tait pas entiĂšrement rassurante : « Vous me demandez de porter une ceinture ? Parce que tout ce qui me fait prĂ©tendre que j’ai une bite entre directement dans la catĂ©gorie « flippant » pour moi. »

« D’accord », j’ai dit.
« Mais vous voulez qu’on vous pĂ©nĂštre ? »
« Ça a l’air dramatique. »

Nous avons continuĂ© Ă  discuter du sujet, un peu avec prĂ©caution, pendant plusieurs minutes. La discussion Ă©tait faite de godes, de plug anal, d’options de lubrifiant. J’avais Ă©tĂ© attirĂ© par cette idĂ©e, franchement, parce que j’aimais la façon dont elle renversait le tabou de l’hĂ©tĂ©ro masculin de base. Je dĂ©testais penser qu’un macho qui raccrochait sur ‹moi me privait d’un mĂ©ga-orgasme.

En mĂȘme temps, mon frĂšre est gay, donc tout le sujet de ce que je vais devoir appeler « le jeu du cul » est assez lourd. Erin sentait que la discussion me rendait de plus en plus anxieux. Elle posa la main sur ma joue et me dit, avec une sĂ©rĂ©nitĂ© rassurante,  » ÉnumĂ©rons celui-lĂ  comme ‘ProcĂ©dez, mais avec prudence ‘.”

Sexe tantrique

Il n’est guĂšre surprenant que ‹Erin ait lancĂ© cette idĂ©e. Elle en avait dĂ©jĂ  parlĂ© et avait mĂȘme un livre sur le sujet, que j’Ă©tais censĂ©e avoir lu, mĂȘme si je n’avais obtenu que des photos.

Mais bon, j’avais lu les interviews avec Sting. Je savais ce qu’Ă©tait le tantra : prolonger le sexe d’une maniĂšre vaguement bouddhiste afin de produire des orgasmes Ă©poustouflants. « J’y suis », j’ai dit tout de suite.

« D’accord, » dit Erin. « Mais vous avez lu le livre, n’est-ce pas ? »
« C’est vrai », j’ai dit.
« Alors vous savez que ce n’est pas seulement une question de sexe. »
« Bien sĂ»r », j’ai dit.
« L’accent n’est pas mis sur les orgasmes. »
« Bien sûr. »
« Il y aura des sĂ©ances oĂč on respirera ensemble. »
« Attendez », j’ai dit.

La discussion qui a suivi s’est dĂ©roulĂ©e aussi mal qu’on pourrait l’imaginer. Je n’arrĂȘtais pas de dire des choses comme, « On ne pourrait pas juste baiser tranquillement quand ‹vous reviendrez tout en sueur du yoga ? »

Une tendance semble se dessiner dans nos rĂ©solutions. Erin mettait l’accent sur des activitĂ©s qui impliquaient un travail Ă©motionnel – Ă  dĂ©faut d’un meilleur terme – sur les jambes. Moi, Ă©tant un homme, j’Ă©tais plus concentrĂ© sur la refonte de notre rĂ©pertoire physique.

Dirty Yoga

La suggestion suivante d’Erin m’a semblĂ© ĂȘtre l’Ă©quilibre parfait de nos agendas respectifs : le yoga sale. Il s’agissait d’ouvrir les fenĂȘtres de notre chambre les chaudes soirĂ©es d’Ă©tĂ© aprĂšs le coucher des enfants, de se dĂ©shabiller, de transpirer et de permettre au yoga de relĂącher notre ‹muscles et nos inhibitions.

Erin est passionnĂ©e de yoga. C’est aussi proche qu’une pratique spirituelle. Elle m’a souvent conseillĂ© d’essayer le yoga pour soulager ma raideur et calmer mes nerfs. Erin, je pouvais le voir, essayait d’intĂ©grer nos besoins parfois divergents.

« On peut faire ça maintenant ? » J’ai demandĂ©.

Un plan Ă  trois

Ayant atteint un moment de connexion Ă©rotique avec ma femme, j’ai naturellement surjouĂ© ma main. J’ai dit qu’on pensait peut-ĂȘtre Ă  un plan Ă  trois.

Est-ce que ça m’a donnĂ© l’impression d’ĂȘtre un clichĂ© masculin baveux ? Bien sĂ»r. Mais qu’est-ce que je peux dire ? C’est une chose Ă  laquelle j’ai pensĂ© des milliers de fois au fil des ans.

« VoilĂ  le problĂšme avec un plan Ă  trois », commença Erin. « C’est un grand fantasme. Mais en rĂ©alitĂ©, vous n’amenez pas seulement un autre corps au lit. Vous amenez une personne entiĂšre. »

« C’est vrai », j’ai dit prudemment.
« Ça ne marcherait pas si on connaissait la personne. Et si c’est quelqu’un qu’on ne connaĂźt pas, alors c’est juste du sexe occasionnel avec un Ă©tranger. »
« C’est vrai, » dis-je, encore plus prudemment.

Erin savait exactement ce que je pensais, c’est pourquoi elle m’a dit ceci : « Je suppose que vous serez d’accord pour que notre troisiĂšme soit un homme. »

Je voulais dire : « Bien sĂ»r que je serais cool avec un homme. » Je voulais dire : « Ce qui est bon pour l’oie est bon pour le jars, non ? » Mais je n’ai pas dit ça. J’ai dit : « DĂ©finis « cool ».”

Ma femme secoua la tĂȘte. « C’est vrai. Donc ce serait une autre femme. HonnĂȘtement, je ne pense pas que je pourrais te regarder avec une autre femme. »

« Je serais heureux de te regarder », j’ai dit. Erin n’y a pas cru une seconde. Pour rappel, nous avions bu beaucoup de vin en ce moment. « La seule façon dont ça marcherait, » dit-elle, « c’est si c’Ă©tait quelqu’un qui Ă©tait dans les affaires du plaisir, presque comme un massothĂ©rapeute sexuel. » Elle m’a ensuite parlĂ© d’une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision qu’elle avait regardĂ©e dans laquelle une femme embauche une travailleuse du sexe pour ĂȘtre avec elle et son mari. « C’Ă©tait vraiment mignon », dit Erin avec nostalgie.

Elle a ensuite admis que le « plan à trois » figurait aussi sur sa liste.

Je suis resté silencieux trÚs longtemps.

« C’est un feu vert ? » J’ai dit finalement.
« Ce n’est pas un feu rouge. »

Le sexe par la porte arriĂšre

Je commencerai par mentionner que j’aime toutes les parties du corps de ma femme, mais que mes sentiments Ă  l’Ă©gard de ses fesses sont particuliĂšrement tendres. Et pourtant, pour des raisons principalement liĂ©es Ă  son faible seuil de douleur, le sexe anal n’a jamais Ă©tĂ© au menu. Ce n’est pas non plus nĂ©cessaire. J’ai dit clairement Ă  Erin que j’exprimais ce dĂ©sir, pas une attente.

C’est peut-ĂȘtre la clĂ© de tout cet exercice – parce que la vĂ©ritĂ© est que tout le monde aborde la sexualitĂ© d’une maniĂšre diffĂ©rente. Et ce n’est pas seulement dĂ» aux diffĂ©rences entre les sexes, mais aussi au fait que nous avons tous des physiologies et des tempĂ©raments diffĂ©rents. La chose importante qu’Erin et ‹moi avons rĂ©alisĂ© est que nous Ă©tions tous les deux ‹brĂ»lant de dĂ©sirs inexploitĂ©s.

Le fait que nous n’ayons pas agi Ă  leur Ă©gard avait plus Ă  voir avec l’Ă©puisement qu’avec quoi que ce soit d’autre. Le vĂ©ritable engagement que nous avons pris l’un envers l’autre Ă  la fin de la nuit, juste avant de nous Ă©crouler dans un sommeil sous l’eau, n’Ă©tait donc pas simplement de retirer quelques nouveaux actes sexuels de nos listes. C’Ă©tait pour mettre de cĂŽtĂ© le temps et l’Ă©nergie nĂ©cessaires pour rester connectĂ© en tant qu’amoureux.

Le lendemain, par exemple, j’ai commencĂ© Ă  chercher des billets et Ă  lire des livres sur le sexe tantrique. Pour sa part, Erin a naviguĂ© sur Internet Ă  la recherche des points les plus fins du massage de la prostate, un sujet sur lequel on dispose d’une quantitĂ© Ă©tonnante d’informations.

Quant Ă  ma derniĂšre question, Erin n’a pas pu donner son feu vert. « Mais c’est quelque chose dont on peut continuer Ă  parler », a-t-elle promis, « et sur lequel on peut travailler. »
« Travailler », lui dis-je avec reconnaissance. « Oui. Parfait. »