Voici pourquoi les hommes devraient se soucier du sexisme au quotidien

Personne n’aime se tromper ; personne ne veut avoir ce sentiment d’avoir une partie de ce que vous considĂ©rez comme vrai arrachĂ© ou rĂ©vĂ©lĂ© comme Ă©tant plein d’Ă©pines. Personne ne pense qu’ils sont mauvais – probablement que la plupart d’entre nous croient que nous sommes bons, faisant ce que nous pouvons pour rendre le monde meilleur. Nous ne voulons blesser personne.

Mais l’intention, comme on dit, n’est pas magique.

Voici pourquoi les hommes devraient se soucier du sexisme au quotidien :

Vraisemblablement, nous reconnaissons, en tant qu’adultes, que nous vivons dans un monde avec des gens diffĂ©rents, avec des croyances diffĂ©rentes, des expĂ©riences de vie diffĂ©rentes. Nous, les hommes, avons de la chance, Ă  cet Ă©gard, Ă  bien des Ă©gards. Le problĂšme est de ne pas reconnaĂźtre notre sexe ou notre genre, ce qui nous donne cette position privilĂ©giĂ©e – et comment cela nous aveugle alors aux expĂ©riences de vie et aux divers dĂ©savantages de ceux qui ne sont pas nous.

Cette cĂ©citĂ© n’est pas une simple ignorance. Au lieu de cela, cette aveuglement aux luttes des autres, en l’occurrence les femmes, est un peu plus insidieux.

Nous ne voulons pas nous tromper, mais beaucoup d’entre nous passent plus de temps Ă  nous battre pour dĂ©fendre des points de vue que nous dĂ©fendons depuis longtemps qu’Ă  examiner si ces points de vue sont corrects et mĂ©ritent mĂȘme d’ĂȘtre dĂ©fendus. Parfois, cependant, nous avons besoin d’une dure leçon pour dĂ©faire les ƓillĂšres – c’est particuliĂšrement vrai pour ce que beaucoup d’hommes considĂšrent comme un « problĂšme de femme » – ou peut-ĂȘtre un problĂšme « fĂ©ministe » : le sexisme quotidien.

Demandez-vous : Si une femme dit qu’un homme Ă©trange – un homme qu’elle ne connaĂźt pas – la dĂ©range lorsqu’elle est seule avec lui dans une ruelle ou une rue, votre premiĂšre rĂ©action est-elle de lui dire qu’elle rĂ©agit de façon excessive ? Diriez-vous que « tous les hommes » ne sont pas dangereux, certainement pas vous ou la plupart des hommes que vous connaissez ? Secouez-vous la tĂȘte devant des femmes qui Ă©crivent des articles sur l’injustice de la vie, mĂȘme si elles ne vivent pas en Arabie saoudite ? Qu’en est-il du fait que certaines femmes « n’acceptent pas un compliment », dĂ©clarant un pauvre homme « flippant » mĂȘme s’il ne l’a mĂȘme pas touchĂ©e ?

Si vous rĂ©pondez ainsi rĂ©guliĂšrement, vous faites partie de ce qui rend les environnements peu accueillants pour les femmes. Vous dites que ses expĂ©riences et ses perceptions sont fausses et que vous, une personne qui n’a jamais vĂ©cu ces choses, avez raison.

Vous pourriez rejeter l’affirmation selon laquelle vous ĂȘtes le problĂšme, dire « Ce n’est pas moi ! C’est le vrai flippant. » Peut-ĂȘtre que vous hausserez les Ă©paules et dĂ©clarerez : « Les hommes seront des hommes, alors ces constructeurs vont dire quelque chose sur elle dans cette jupe courte. »

Je veux vous dire, en tant qu’homme, que ce n’est pas comme ça que les femmes se sentent en sĂ©curitĂ©. Ce n’est pas ainsi que nous devrions nous conduire, si nous nous soucions un tant soit peu de rendre les espaces – travail, gymnase, rue, fĂȘtes, partout – meilleurs pour les femmes.

En effet, le fait de congĂ©dier des femmes parce qu’elles  » cherchent des problĂšmes « , qu’elles  » rĂ©agissent de façon excessive  » ou qu’elles  » jouent les victimes  » me dit deux choses : premiĂšrement, vous vous souciez davantage de maintenir le monde, ce que les femmes viennent de vous dire et nous disent constamment les rend mal Ă  l’aise et dangereuses, que de le rendre meilleur ; un monde oĂč une femme sur quatre reçoit du harcĂšlement sexuel au travail, mĂȘme dans un endroit comme le Canada.

DeuxiĂšmement, vous pensez en savoir plus sur les expĂ©riences de sĂ©curitĂ©, d’acceptation et de confort de quelqu’un que la personne elle-mĂȘme.

Cela ne veut pas dire que les gens ont raison juste Ă  cause de ce qu’ils ressentent. Si c’Ă©tait vrai, nous n’aurions pas de politiques et de lois fondĂ©es sur des preuves qui iraient Ă  l’encontre de l’opinion majoritaire (avortement lĂ©galisĂ©, pas de peine capitale, etc.) Mais le fait que ces femmes soulĂšvent constamment ces prĂ©occupations est au moins une raison pour les hommes d’examiner leurs convictions sur le monde et la maniĂšre dont il traite les femmes.

Oui, une grande partie du problĂšme rĂ©side dans le fait que les hommes agissent, au mieux, comme des enfants et, au pire, comme des voyous violents ; mais une partie de ce qui leur donne l’immunitĂ© est le silence des autres hommes ou leur renvoi vers les femmes – qui  » se plaignent simplement « . Ce silence, notre silence, peut venir d’une crainte quelque peu lĂ©gitime de « s’impliquer » ou de supposer Ă  tort que « ce n’est pas grand chose ».

Pour que nous puissions changer les choses, il faut que nous voulions le faire. Nous devons reconnaĂźtre qu’il y a un problĂšme pour le rĂ©soudre. Il existe des sites Web, des campagnes et des donnĂ©es entiĂšres pour prouver que les femmes ne sont pas seulement « à la recherche de problĂšmes ». Le vrai problĂšme, c’est que, jusqu’Ă  prĂ©sent, seules les femmes souffrent. Cela signifie que ce sont eux qui rĂ©pondent, sans soutien.

Nous ne recevons pas, par exemple, d’appels d’hommes chaque fois que nous marchons dans les rues ; en outre, nous ne voyons gĂ©nĂ©ralement pas les femmes que nous aimons ĂȘtre appelĂ©es parce que nous sommes avec elles parce que, pour ces hommes voyous, ces femmes sont  » rĂ©clamĂ©es « . (C’est pourquoi une mesure malheureuse et efficace que les femmes utilisent pour se dĂ©barrasser des hommes consiste Ă  leur dire qu’elles ont un petit ami. Les hommes ne peuvent pas et ne veulent pas accepter un « non » comme rĂ©ponse.)

Pire encore, beaucoup de femmes ne se donnent pas la peine d’en discuter avec les hommes parce que, comme nous l’avons mentionnĂ© plus haut, elles savent que les rĂ©ponses que donneront les hommes : « Vous ĂȘtes juste rĂ©actif, Ă©motionnel, etc. » Et nous savons tous que plus les gens disent quelque chose, plus c’est perçu comme vrai.

Il n’est pas Ă©tonnant que les femmes aient honte et se blĂąment elles-mĂȘmes, alors qu’elles n’ont aucune raison de le faire – c’est la faute des hommes qui les traitent de cette façon ; c’est l’environnement plus large dans lequel elles acceptent cela comme la norme. C’est pour ça que les hommes peuvent tĂątonner une femme et s’en aller sans que personne ne demande si elle va bien. C’est pourquoi les hommes peuvent dire ouvertement Ă  une femme qu’ils vont la violer « parce qu’elle est sexy », elle est « canon », etc.

On peut faire quelque chose.

Mais il commence par penser que peut-ĂȘtre nous, en tant qu’hommes, ne savons pas tout ; peut-ĂȘtre que vous ne savez pas ce que c’est que d’ĂȘtre une femme dans un monde qui, vous le savez, profite aux hommes simplement parce que vous ĂȘtes un homme.

Non : les femmes ne sont pas infaillibles. Non, elles peuvent se tromper. Ce sont des gens et donc imparfaits, comme nous. Mais ce n’est pas une raison pour penser qu’elles ont tort, qu’elles exagĂšrent ou qu’elles inventent des choses alors qu’il y a de nombreuses raisons de les Ă©couter. Demandez-vous : Que faudrait-il pour vous faire croire que les femmes sont harcelĂ©es, mal traitĂ©es, de façon constante dans le monde ?

Regardez la science. Regardez le jeu. Regardez les mĂ©dias sociaux ou Internet en gĂ©nĂ©ral. Regarde les affaires. Cela ne tient mĂȘme pas compte des sociĂ©tĂ©s islamiques ou traditionnelles. Encore et encore, les femmes sont minĂ©es parce qu’elles sont des femmes.

Les femmes devraient pouvoir porter ce qu’elles veulent et ne pas ĂȘtre jugĂ©es pour cela ; elles devraient pouvoir se dĂ©placer sans ĂȘtre ciblĂ©es ; elles devraient pouvoir poursuivre n’importe quel passe-temps ou carriĂšre sans que leur vie sexuelle ou leurs capacitĂ©s n’y soient associĂ©es.

Je pourrais vous dire de changer cela parce que vous ne voulez pas que votre amant, votre femme, votre fille, votre mĂšre subissent un tel traitement. Et si vous leur parliez, si vous les Ă©coutiez sans les juger, il ne leur faudrait pas longtemps pour vous parler de leurs mauvais traitements en fonction de leur sexe.

Mais plutĂŽt, je vous dirais de vous en soucier parce que les femmes sont des personnes qui mĂ©ritent les mĂȘmes droits, la mĂȘme libertĂ© et le mĂȘme sentiment de sĂ©curitĂ© que nous avons la chance d’avoir.

Je ne peux pas vous convaincre de vous en soucier, mais j’espĂšre que vous le faites dĂ©jĂ . Et si c’est le cas, et que vous voulez que plus de gens se sentent en sĂ©curitĂ©, qu’ils aient moins peur, vous pouvez commencer Ă  examiner ce que vous faites pour rendre le monde hostile.

Ce n’est peut-ĂȘtre pas vous qui appelez les femmes dans la rue, mais votre silence et votre rejet des prĂ©occupations des femmes le permettent. Peut-ĂȘtre qu’au lieu de diriger notre colĂšre contre les femmes, nous adressons nos critiques Ă  d’autres hommes, ce qui aggrave l’espace des femmes.

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