Dire au revoir – Pollenation.net

Faire face √† la maladie en phase terminale d’un √™tre cher

De nos jours, il est plus courant de perdre un √™tre cher √† cause d’une maladie terminale persistante que d’une mort subite. La famille et les amis proches, ainsi que la personne atteinte d’une maladie limitant l’esp√©rance de vie, ont maintenant beaucoup plus de temps pour faire face √† la perspective de la mort et faire leurs adieux. Le processus de deuil s’est alors transform√© en un processus comportant des √©tapes uniques qui sont de plus en plus souvent assum√©es par les familles, plut√īt que par les individus.

Le long au revoir

Aujourd’hui, le fait qu’un √™tre cher vive avec un diagnostic terminal pendant une longue p√©riode de temps remplace rapidement la mort subite et inattendue comme la norme. Consid√©rons, par exemple, que les deux tiers des personnes qui re√ßoivent un diagnostic de cancer ont actuellement un taux de survie √† cinq ans.

Le r√©sultat de tout cela est que la mort est devenue de moins en moins soudaine et inattendue. √©v√©nement. A sa place est venu un processus qui commence par un diagnostic mettant la vie en danger, se poursuit pendant une p√©riode de traitement (ou des traitements) et se termine √©ventuellement par la mort. Ce processus signifie que la personne en phase terminale et sa famille sont de plus en plus confront√©es √† la n√©cessit√© de ¬ę¬†vivre avec la mort¬†¬Ľ pendant une longue p√©riode de temps.

Parce que la nature de la mort et de la mort a tellement chang√©, la fa√ßon dont nous pleurons a aussi chang√©. Le nouveau deuil diff√®re du deuil traditionnel de fa√ßon significative, notamment par le fait qu’il inclut la personne en phase terminale. De plus, ce qui est devenu un processus de plus en plus long, par opposition √† un √©v√©nement, non seulement laisse les gens en deuil, mais attire g√©n√©ralement toute la famille de la personne mourante pendant des mois, voire des ann√©es. Ce processus peut modifier les modes de vie et forcer les familles √† faire face √† des probl√®mes qui, autrefois, n’√©taient r√©gl√©s qu’apr√®s le d√©c√®s de l’√™tre cher. Il peut facilement √©voquer des questions du pass√© qui n’ont jamais √©t√© enti√®rement abord√©es ou r√©solues.

Le deuil est une affaire de famille

Le chagrin d’aujourd’hui est un famille autant qu’elle est individuelle. Ce qu’il faut, c’est un nouveau mod√®le, un mod√®le pertinent pour les familles et leur exp√©rience. C’est ce que nous pr√©sentons ici. Ce mod√®le se veut une carte routi√®re vers laquelle vous et votre famille pouvez vous tourner lorsque vous vous frayez un chemin √† travers les r√©alit√©s actuelles de la mort et du d√©c√®s. Et au fait, quand on utilise le mot famillenous incluons non seulement les parents par le sang, mais aussi tous ceux qui ont un lien significatif avec la personne qui a re√ßu le diagnostic.

Les d√©fis auxquels les familles doivent faire face lorsqu’elles sont confront√©es √† un diagnostic terminal d’un √™tre cher sont complexes. Ils incluent l’√©volution de nouvelles structures et dynamiques au fur et √† mesure que la personne qu’ils aiment s’√©loigne lentement. Cela signifie apprendre √† faire face aux revers et √† la d√©t√©rioration ainsi qu’aux p√©riodes de r√©mission apparente. Cela signifie qu’il faut composer avec les complexit√©s d’un deuil prolong√©, qui peut √©puiser les personnes et les amener parfois √† l’ambivalence ou au sentiment d√©sagr√©able que nous √©prouvons lorsque nous nous retrouvons √† souhaiter que le processus prenne fin. Il s’agit de parler avec un √™tre cher mourant de la mortalit√© et d’autres questions qui ne surviennent pas lorsque la mort frappe soudainement et de fa√ßon inattendue. Cela signifie apprendre √† faire de la place pour le deuil prolong√© dans des styles de vie qui sont g√©n√©ralement plus occup√©s que ceux des g√©n√©rations pr√©c√©dentes.

Ce qui est peut-√™tre le plus important, c’est que le nouveau deuil consiste √† faire face √† des probl√®mes familiaux qui peuvent avoir √©t√© inactifs mais qui n’ont pas √©t√© r√©solus depuis de nombreuses ann√©es. Ces probl√®mes r√©apparaissent g√©n√©ralement lorsque les familles d√©passent leurs r√©actions initiales √† un diagnostic terminal et sont forc√©es d’interagir et de travailler ensemble dans le cadre d’un processus de deuil prolong√©. Enfin, cela signifie aller de l’avant ensemble en tant que famille plus forte apr√®s le d√©c√®s d’un √™tre cher.

Sans compr√©hension et sans conseils dans chacun de ces domaines, les membres de la famille qui sont forc√©s par les circonstances de faire face √† un deuil prolong√© sont vuln√©rables √† de graves cons√©quences psychologiques, notamment la d√©pression, la culpabilit√© et une anxi√©t√© d√©bilitante. Ces circonstances peuvent m√™me mener √† une maladie physique. Des familles enti√®res sont vuln√©rables √† la rupture en raison d’une r√©surgence de probl√®mes non r√©solus qui sont mis au jour √† la suite d’une maladie terminale prolong√©e chez un √™tre cher. M√™me les couples qui s’aiment peuvent voir leurs relations menac√©es par des changements de style de vie non d√©sir√©s. Ce dont les familles ont besoin aujourd’hui et auront besoin √† l’avenir, c’est de conseils sur la fa√ßon d’anticiper et de traiter de tels probl√®mes.

Nous proposons ici un mod√®le en cinq √©tapes pour le deuil familial. Toutefois, nous tenons √† avertir les lecteurs de ne pas s’attendre √† ce qu’il y ait des fronti√®res difficiles et rapides entre ces √©tapes. Bien que presque toutes les familles vivent chaque √©tape, il ne faut pas s’attendre √† ce qu’une √©tape se termine simplement et qu’une autre commence. Au contraire, pr√©voyez vous retrouver √† traiter des questions li√©es √† plus d’une √©tape √† un moment donn√©. En outre, la dur√©e et l’intensit√© des stades varient en fonction, par exemple, de la dur√©e de la maladie terminale et de l’existence de p√©riodes de r√©mission significatives.

√Čtape 1 : Crise

Le diagnostic d’une maladie terminale ou d’une maladie potentiellement terminale cr√©e une crise pour la famille. Elle perturbe l’√©quilibre de la famille, tout comme une pierre jet√©e au milieu d’un √©tang immobile perturbe son √©quilibre. Les facteurs qui influent sur la fa√ßon dont vous pouvez r√©agir √† cette √©tape sont les suivants :

  • L’historique et l’√©tat actuel de votre relation avec le membre malade de votre famille.
  • Que l’√™tre cher soit un conjoint, un parent ou un enfant.
  • Quels sont les r√īles pass√©s (et actuels) du patient et de vous-m√™me dans la famille.

L’anxi√©t√© est la r√©action initiale la plus courante √† la nouvelle qu’un membre de la famille est en phase terminale. Cependant, si votre relation avec le membre de la famille en phase terminale a √©t√© tendue ou ali√©n√©e, vous pouvez aussi vous sentir coupable, ressentiment ou col√®re. Si la personne en phase terminale est un enfant ou un jeune adulte, la col√®re face √† l’injustice apparente de la mort pr√©coce peut √™tre l’√©motion dominante partag√©e par les membres de la famille √† ce stade initial.

√Ä cette premi√®re √©tape du nouveau deuil, tous les membres adultes de la famille b√©n√©ficient de conseils sur des questions telles que ce √† quoi s’attendre sur le plan de leurs propres r√©actions √©motionnelles, √† qui demander de l’aide, avec qui partager des souvenirs et des √©motions, et √† quoi s’attendre lorsqu’ils rencontrent l’√™tre cher et d’autres membres de la famille.

√Čtape 2 : L’unit√©

La r√©alit√© de la mort imminente a pour effet d’inciter les membres de la famille √† suspendre m√™me les plaintes ou les rancunes de longue date alors qu’ils s’unissent pour passer √† cette deuxi√®me √©tape du deuil. Ce n’est peut-√™tre pas un probl√®me pour les membres de la famille qui n’ont pas de sentiments conflictuels ou de probl√®mes non r√©solus avec l’√™tre cher, comme les enfants pr√©f√©r√©s. D’un autre c√īt√©, si vous sentez que vous avez toujours √©t√© un enfant moins favoris√© (ou le bouc √©missaire de la famille), vous ne devriez pas √™tre surpris si vous vivez une combinaison complexe d’√©motions tout en vous effor√ßant d’√™tre un bon membre d’√©quipe.

√Ä l’√©tape 2, les besoins des mourants deviennent primordiaux. Une question importante pour tous les membres de la famille √† l’√©tape 2 est de savoir comment ils d√©finiront leurs r√īles les uns par rapport aux autres et par rapport au membre en phase terminale de la maladie. S’ils n’y r√©fl√©chissent pas – une situation assez courante – ils risquent de se retrouver rapidement dans des r√īles qu’ils ont jou√©s des ann√©es plus t√īt, comme enfants et adolescents, mais qu’ils n’auraient pas choisis consciemment maintenant.

Dans cette deuxième étape du processus de deuil, la famille a beaucoup de travail à faire, y compris :

  • Choisir et travailler avec une √©quipe m√©dicale
  • Naviguer dans le labyrinthe des services sociaux
  • Poursuivre et se qualifier pour les droits et privil√®ges
  • Veiller √† ce que le travail juridique essentiel (testaments, testaments de vie, etc.) soit effectu√©.

La fa√ßon dont la famille s’organise pour accomplir ces t√Ęches peut avoir des effets psychologiques puissants sur chaque membre, selon son degr√© d’aisance dans le r√īle qu’il ou elle joue.

√Čtape 3 : Les bouleversements

La famille finira par entrer dans cette troisi√®me phase de deuil si le processus de mort se poursuit pendant un certain temps, ce qu’elle fait g√©n√©ralement aujourd’hui. √Ä ce stade, l’unit√© qui caract√©rise l’√©tape 2 commence √† s’estomper √† mesure que les modes de vie de toutes les personnes concern√©es, qu’elles le reconnaissent ou non, subissent progressivement des changements importants. Bien que les pens√©es et les sentiments au sujet de ces changements aient pu jusqu’√† pr√©sent √™tre mis en veilleuse, ils ne peuvent plus √™tre supprim√©s et commencent √† s’√©chapper. L’un de ces sentiments est l’ambivalence, c’est-√†-dire les sentiments mitig√©s que ressentent de nombreuses personnes lorsque le processus de la mort se transforme en un sentiment prolong√© dans lequel la qualit√© de vie globale de l’√™tre cher se d√©t√©riore lentement.

Des √©motions telles que la culpabilit√©, la col√®re et le ressentiment sont susceptibles d’appara√ģtre √† l’√©tape 3. A ce stade, la question la plus importante est de pouvoir communiquer honn√™tement avec les autres membres de la famille et avec les √™tres chers en qui vous avez confiance. La suppression des pens√©es et des sentiments √† l’√©gard de ces bouleversements peut mener √† des relations tendues et, √©ventuellement, √† l’√©clatement de la famille tout enti√®re.

√Čtape 4 : R√©solution

Lorsqu’une famille entre dans la quatri√®me phase du deuil, la sant√© de l’√™tre cher en phase terminale est g√©n√©ralement marqu√©e par une d√©t√©rioration graduelle, ponctu√©e peut-√™tre de p√©riodes de stabilisation ou d’am√©lioration temporaire, et les effets du processus de deuil prolong√© peuvent et ne doivent plus √™tre ignor√©s.

Lorsqu’ils entrent √† l’√©tape 4, les membres de la famille se retrouvent souvent avec plus de souvenirs – bons et mauvais – d’exp√©riences pass√©es qui refl√®tent habituellement les relations avec le patient, ces souvenirs importants sont diff√©rents et racontent g√©n√©ralement comment les membres de la famille ont per√ßu leur place et leur r√īle dans la famille. Souvent, ils signalent des probl√®mes non r√©solus. Certains de ces souvenirs peuvent √©voquer des sentiments de joie ou de nostalgie ; d’autres, cependant, peuvent √©voquer la col√®re, la jalousie ou l’envie. D’autres provoquent encore des sentiments de fiert√© ou, alternativement, de honte et d’embarras.

L’√©tape 4 repr√©sente une occasion sans pr√©c√©dent, si les familles choisissent seulement de la saisir. C’est l’occasion de r√©soudre des probl√®mes de longue date, de gu√©rir des blessures et de red√©finir son r√īle dans la famille – en fait, de modifier l’identit√© m√™me d’un membre de la famille. Chaque famille, comme on dit, a sa part de squelettes dans le placard. C’est dans cette quatri√®me √©tape du processus de deuil que les squelettes peuvent √™tre sortis du placard, expos√©s √† la lumi√®re du jour, et jet√©s pour toujours dans l’oubli.

En particulier, l’√©tape 4 est un moment o√Ļ les questions suivantes peuvent √™tre abord√©es et r√©solues :

  • Vieilles rivalit√©s et jalousies
  • Des ressentiments de longue date

Ces deux questions emp√™chent les familles de cr√©er des liens aussi forts qu’elles le pourraient et de s’aimer mutuellement sans condition. Certains membres de la famille, cependant, peuvent r√©agir √† cette occasion avec anxi√©t√© plut√īt qu’avec enthousiasme. Plut√īt que de saisir l’occasion, ils peuvent essayer d’√©viter de faire face √† ces probl√®mes. Cependant, c’est en les regardant en face que la famille dans son ensemble a la meilleure chance d’avancer ensemble vers un avenir plus heureux. De cette fa√ßon, le processus de deuil familial peut ouvrir la voie √† la croissance et au renouveau pour toutes les personnes concern√©es.

√Čtape 5 : Renouvellement

L’√©tape finale du deuil commence en fait par les fun√©railles et la c√©l√©bration de la vie du membre de la famille maintenant perdu. C’est une p√©riode d’√©motions m√©lang√©es, c’est s√Ľr, incluant √† la fois la tristesse et le soulagement. Mais si la famille a franchi avec succ√®s les quatre √©tapes pr√©c√©dentes, cette derni√®re √©tape ouvre aussi une autre porte : celle du renouvellement collectif et personnel. Il peut s’agir d’une c√©l√©bration de la vie autant que d’une marque de perte. Il peut s’agir d’une p√©riode de cr√©ativit√© et de planification, car c’est la famille qui d√©cide, par exemple, de la fa√ßon dont elle va comm√©morer les anniversaires et les anniversaires.

Bien que l’√©tape 5 soit une p√©riode de comm√©moration, c’est aussi une p√©riode o√Ļ l’on se tourne vers l’avenir, o√Ļ l’on revitalise les relations et o√Ļ l’on tient compte des nouvelles traditions familiales.

Adapté avec la permission de Saying Goodbye par Barbara Okun, Ph.D. et Joseph Nowinski, Ph.D. en accord avec Berkley Publishing Group, un membre de Penguin Group (USA), Inc.

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