Comment ce type est en train de changer l’industrie de la sant√© des deux roues

La clinique de Khayelitsha √©tait remplie de gens qui attendaient de recevoir leurs m√©dicaments chroniques. Parmi ceux qui attendaient, il y avait les personnes √Ęg√©es, les malades, les femmes avec leurs enfants – et Sizwe Nzima. Il recueillait les m√©dicaments de ses grands-parents, une t√Ęche qu’il accomplissait volontiers pour eux. Il savait √† quel point le processus de recouvrement pouvait √™tre fastidieux.

En jetant un coup d’Ňďil dans la salle d’attente, le jeune √©tudiant en commerce a √©t√© frapp√© par une id√©e : il pourrait offrir de recueillir des m√©dicaments pour les malades chroniques pour ceux qui attendent avec lui et de les livrer directement √† leur porte. Ils n’auraient plus √† faire la queue pendant de longues heures et √† marcher de longues distances chaque mois. Tout ce qu’ils avaient √† faire, c’√©tait de payer sa petite redevance de R10.

ROUES FORMATRICES

La premi√®re fois que Sizwe a fait du v√©lo, il est tomb√© amoureux. Il avait huit ans et son cousin a√ģn√© a d√©cid√© de lui apprendre √† monter √† cheval. ¬ę¬†C’√©tait le v√©lo de mon cousin, mais je l’aimais encore plus, dit-il en riant. ¬ę¬†Ma m√®re n’avait pas les moyens de m’acheter un v√©lo, alors j’ai finalement adopt√© le sien.¬†¬Ľ

Sa m√®re vivait √† Johannesburg, il a donc √©t√© √©lev√© par ses grands-parents. Ils se sont occup√©s de lui et se sont assur√©s qu’il aille √† l’√©cole. √Ä l’√©poque, sa grand-m√®re travaillait pour un m√©decin qui vivait √† Camps Bay.

D√®s son plus jeune √Ęge, Sizwe a travaill√© dur et a bien r√©ussi. Son dur labeur n’est pas pass√© inaper√ßu. Le m√©decin a offert de payer les frais de scolarit√© de son √©cole secondaire. Cela a permis √† Sizwe d’aller au lyc√©e Harold Cressy. ¬ę¬†Ce n’√©tait pas une √©cole chic, c’√©tait une √©cole normale, dit Sizwe, mais √† l’√©poque, si vous alliez dans une √©cole en dehors du township, vous aviez une meilleure √©ducation et on vous consid√©rait comme meilleur. J’ai eu de la chance d’y aller, et j’y ai tr√®s bien r√©ussi.¬†¬Ľ

Sizwe Nzima dans les rues de Khayelitsa pour livrer des médicaments

Ce que Sizwe ne r√©alisait pas alors, c’est qu’il recevait beaucoup plus qu’une √©ducation. Il √©tait en train d’acqu√©rir des aptitudes √† la vie quotidienne qui lui seraient tr√®s utiles lorsqu’il commencerait √† lancer sa propre entreprise.

Chaque ann√©e, il participe √† l’athl√©tisme, un sport individuel qui l’oblige √† se motiver.
¬ę¬†En athl√©tisme, peu importe ce que l’entra√ģneur vous enseigne, votre succ√®s d√©pend de vous. Vous √™tes seul dans la course. Donc si tu triches √† ton entra√ģnement, tu ne trompes que toi-m√™me.¬†¬Ľ

Sizwe voulait poursuivre une carri√®re juridique apr√®s l’√©cole. Au lieu de cela, il a √©t√© balay√© par l’id√©e de devenir un homme d’affaires. Sa candidature initiale √† l’Acad√©mie Raymond Ackerman a √©t√© rejet√©e, mais cela ne l’a pas le moins du monde d√©courag√©. Ses grands-parents l’avaient toujours √©lev√© pour qu’il aspire √† plus, alors abandonner n’a jamais √©t√© une option. ¬ę¬†Ma grand-m√®re me disait toujours : ¬ę¬†Tu seras probablement le premier multimillionnaire de la famille. Ces mots continuent de le motiver.

Il a postul√© de nouveau, et a finalement √©t√© accept√© √† l’acad√©mie. Pour financer ses √©tudes, il vendait des collations aux √©tudiants de la Graduate School of Business de l’UCT.

BUMPY RIDE

C’est pendant ses √©tudes qu’il a cr√©√© Iyeza Express. Il a commenc√© avec dix clients, tous r√©f√©r√©s par ses grands-parents. ¬ę¬†Mes premi√®res livraisons ont √©t√© difficiles, parce que les gens n’avaient pas confiance en ce que je fais. Les gens √©taient tr√®s inquiets √† propos de mon service. ¬ę¬†Est-ce que ce gar√ßon va apporter mes m√©dicaments ? ¬ę¬†Et s’il s’enfuit avec, et s’il le perd ?¬†¬Ľ – c’√©tait toutes les questions que les gens se posaient.¬†¬Ľ

Lentement, Sizwe a gagn√© la confiance de la communaut√©. Pendant qu’il attendait pour aller chercher les m√©dicaments pour ses premiers clients, il expliquait aux autres dans la salle d’attente le service qu’il fournissait. De cette fa√ßon, il n’avait pas besoin de d√©penser de l’argent en marketing ; au lieu de cela, il comptait sur le bouche-√†-oreille pour obtenir de nouveaux clients.

√Ä l’Acad√©mie en 2013, il a √©t√© nomm√© Meilleur √©tudiant entrepreneurial. Le prix lui a √©t√© d√©cern√© pour la premi√®re fois avec 10 000 Rands, soit son premier financement. Finalement, il a pu acheter son propre v√©lo, un jour qu’il attendait avec impatience depuis que son cousin lui a appris √† monter √† cheval. Il a √©galement pu enregistrer son entreprise et acheter un ordinateur portable.

Ce financement a chang√© la donne pour Sizwe. Il n’avait plus besoin de livrer les m√©dicaments √† pied, mais il pouvait les transporter √† v√©lo. Ses deux nouvelles roues l’ont emmen√© plus loin que la marche.


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La livraison de m√©dicaments √† bicyclette a permis √† l’entreprise de Sizwe de prosp√©rer. Il √©tait capable de naviguer dans des endroits difficiles d’acc√®s, se faufilant dans des cabanes dens√©ment peupl√©es. ¬ę¬†Les v√©los sont respectueux de l’environnement, et cela me permet aussi de mieux naviguer dans le canton et de mieux le comprendre – c’est probablement la raison pour laquelle je comprends les townships beaucoup mieux que toute autre entreprise de messagerie.

Mais l’administration des m√©dicaments n’√©tait pas simple. Les cliniques ont eu de la difficult√© √† le faire livrer des m√©dicaments pour d’autres, parce qu’il n’√©tait pas certifi√© comme messager m√©dical.

¬ę¬†C’√©tait un gros probl√®me. Mais je leur ai expliqu√© ce que je voulais faire, et quelle √©tait ma vision.¬†¬Ľ

Pour que l’entreprise puisse poursuivre ses activit√©s, Sizwe devait se mettre en conformit√©. Il a rencontr√© le minist√®re de la Sant√© pour d√©terminer ce que la loi exigeait et a fait venir Siraaj Adams, qui avait √©tudi√© la pharmacie, √† bord. Siraaj a d’abord occup√© le r√īle de mentor, il est rapidement devenu le partenaire de Sizwe. ¬ę¬†Il a vu une plus grande opportunit√© pour l’entreprise. Il a vu que cela pourrait devenir une entreprise pharmaceutique. Il a compris que la vie des gens est occup√©e et qu’ils ont donc besoin de commodit√© dans leur vie – surtout pour les produits m√©dicaux, parce que c’est le traitement dont ils ont besoin.¬†¬Ľ

Profitant de l’√©cart sur le march√©, ils se sont positionn√©s comme l’entreprise de messagerie du canton qui se concentre sur les endroits difficiles d’acc√®s et les r√©gions √† faible revenu. Aujourd’hui, Sizwe a parcouru un long chemin depuis la livraison de m√©dicaments √† seulement 10 patients : aujourd’hui, Iyeza Express livre √† plus de 1 000 personnes autour de Khayelitsha. Avec l’expansion de son entreprise, Sizwe a √©t√© en mesure d’employer quatre autres personnes pour effectuer des livraisons.

Sizwe Nzima livre des m√©dicaments au domicile d’un client

De l’entreprise de messagerie, Sizwe et Siraaj ont d√©velopp√© Iyeza Health – une entreprise sp√©cialis√©e dans la logistique de la sant√©. En plus d’administrer des m√©dicaments pour le traitement des maladies chroniques, ils distribuent √©galement des trousses d’autotest pour les personnes et les couples qui voulaient se faire d√©pister dans l’intimit√© de leur domicile.

Sizwe forme actuellement cinq autres personnes pour un nouveau contrat qu’il a accept√©. ¬ę¬†J’ai √©tabli un partenariat avec une entreprise qui est responsable d’acheminer les m√©dicaments jusqu’aux cliniques et de les emballer. Nous sommes donc le partenaire de distribution – nous livrons du centre de distribution √† la clinique.¬†¬Ľ Les cliniques de Langa √† Strand recevront leurs m√©dicaments de Sizwe et de son √©quipe. Pour ces livraisons, deux camions et deux p√Ętisseries d’une tonne ont √©t√© achet√©s.


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Sizwe est √©galement en train de num√©riser son entreprise. Il lance une application qui va tracer la carte des zones qu’il dessert. ¬ę¬†Cela montrera o√Ļ sont mes pilotes et o√Ļ ils vont ; nous pourrons les localiser √† l’aide de coordonn√©es g√©ospatiales ¬ę¬†, explique-t-il.

ALLER DE L’AVANT

L’id√©e de l’entrepreneuriat social est tout √† fait nouvelle dans la communaut√© de Sizwe. ¬ę¬†Vous √™tes soit une ONG, soit une entreprise √† but lucratif. Bien que je sois une entreprise √† but lucratif, j’ai un impact social qui correspond aux b√©n√©fices que nous r√©alisons ¬ę¬†, explique-t-il. Son entreprise est bas√©e sur l’all√©gement d’un probl√®me qui existe dans la communaut√©.

Sizwe Nzima aide un client dans sa pharmacie

Au fur et √† mesure que l’entreprise de Sizwe a pris de l’expansion, il a ressenti la pression de subvenir aux besoins de sa famille. Quand vous d√©marrez une entreprise, votre m√®re ou vos grands-parents commencent √† demander : ¬†¬Ľ Chef, o√Ļ est l’argent ? √áa fait un an, √ßa fait deux ans, pourquoi n’en voyons nous pas encore les b√©n√©fices?'¬†¬Ľ

Mais maintenir un budget tout en essayant d’√©tablir une entreprise peut √™tre compliqu√©. ¬ę¬†Dans une petite entreprise, c’est tr√®s difficile, il faut vivre. Tu dois te nourrir et nourrir ta famille, mais tu dois aussi donner de l’argent √† l’entreprise.¬†¬Ľ

Mais Sizwe est ambitieux. Il a travaill√© dur pour en arriver l√† o√Ļ il en est aujourd’hui et a une vision claire de l’avenir de l’entreprise. ¬ę¬†Quand les gens voient mes affaires, ils ne voient que la logistique m√©dicale, √† v√©lo. Ils pensent que mon entreprise est petite. Mais je ne consid√®re pas que mon entreprise est petite ¬ę¬†, dit-il.

Bien que l’entreprise qu’il dirige aujourd’hui ne soit toujours pas celle que Sizwe envisageait il y a quatre ans, il conna√ģt les √©tapes qu’il doit franchir pour que sa vision devienne r√©alit√©.

¬ę¬†Ce que je fais, c’est construire une entreprise de logistique g√©ographique – une entreprise qui a la capacit√© de cartographier les townships et de devenir le dieu de la logistique dans les townships ¬ę¬†, explique-t-il. ¬ę¬†Tout ce qui doit √™tre d√©plac√© dans le canton ou dans le canton, je peux l’√™tre. L’objectif n’a jamais √©t√© seulement la m√©dication. Les m√©dicaments n’ont toujours √©t√© que le point de d√©part.¬†¬Ľ

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