La campagne Nos corps, nos droits a posé les bases d’un suivi global dès 2021

En septembre 2021, le gouvernement français lançait la campagne « Nos corps, nos droits », destinée à sensibiliser à la santé des femmes et à promouvoir l’accès aux soins. Le constat est simple, mais ses effets vont plus loin : pour la première fois à cette échelle, un message public sortait du cadre strictement gynécologique pour parler de la santé des femmes comme d’un ensemble.
Concrètement, cette campagne a ouvert la voie à une lecture plus large de votre suivi médical. Elle a fait passer l’idée que prévention, information et parcours de soins vont ensemble et qu’une consultation ne se résume pas à un frottis ou à une ordonnance de pilule. Vous pouvez avoir un cycle bouleversé par le stress, un sommeil haché par les variations hormonales, une santé osseuse qui se joue des années avant la ménopause : tout cela relève du même corps, donc d’un même regard.
L’autre objectif affiché était de réduire les freins d’accès aux soins. Vous les connaissez peut-être : la gêne de parler de certains sujets, la crainte d’être jugée, la difficulté à savoir vers quel professionnel se tourner, ou simplement le temps qui manque. En parlant de ces thèmes publiquement, la campagne a rendu leur évocation moins pesante.
Cette étape a surtout préparé le terrain côté institutions. Sans cette sensibilisation de 2021, les recommandations professionnelles qui ont suivi auraient eu moins de chances d’être comprises et surtout appliquées. Pour en mesurer le contexte démographique, les statistiques publiques de l’Insee rappellent la place des femmes dans la population française et l’ampleur des besoins de suivi qui en découlent.
Les recommandations de la HAS de mars 2023 imposent un suivi reproductif et sexuel complet
En mars 2023, la Haute Autorité de Santé a publié des recommandations pour améliorer le suivi de la santé reproductive et sexuelle des femmes, en mettant l’accent sur l’approche holistique. Concrètement, cela veut dire : considérer ensemble les dimensions physique, hormonale, psychique et sociale, plutôt que de traiter chaque symptôme dans son couloir de spécialité.
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Pourquoi est-ce important pour vous ? Parce qu’une douleur pelvienne, une baisse de libido ou une fatigue persistante ont rarement une cause unique. Le stress modifie le cycle, le cycle influence le sommeil, le sommeil pèse sur l’humeur et sur le désir. Un suivi qui ignore ces interactions passe à côté d’une partie du tableau.
Les axes prioritaires qui structurent cette approche :
- Contraception: un choix éclairé, adapté à votre âge, à votre santé et à vos projets, réévalué dans le temps plutôt que figé après la première ordonnance.
- Dépistages: cancer du col de l’utérus, du sein et infections sexuellement transmissibles, selon le calendrier qui correspond à votre situation.
- Suivi post-partum: un temps trop souvent négligé, où le corps et le moral méritent autant d’attention que le bébé.
- Santé sexuelle: plaisir, douleurs, désir, intimité, abordés sans tabou et sans jugement comme une composante normale de votre santé.
Ces quatre axes ne sont pas des contraintes. Ils sont un cadre qui vous autorise à poser des questions que vous gardiez peut-être pour vous et qui oblige les professionnels à y répondre avec méthode.
Quels soins choisir : comparer médecin généraliste, gynécologue, sage-femme et centre de santé

Savoir vers qui se tourner, c’est souvent le premier casse-tête. Le tableau ci-dessous résume le rôle de chaque interlocuteur. Les délais varient fortement selon les territoires : nous ne donnons donc pas de moyenne chiffrée et vous invitons à vérifier localement.
| Professionnel | Périmètre de compétences | Délai de rendez-vous | Tarif (secteur 1, base de remboursement) | Points forts |
|---|---|---|---|---|
| Médecin généraliste | Suivi global, contraception, dépistages, orientation | Variable selon votre territoire | Tarif conventionné de base | Vision d’ensemble, point d’entrée du parcours |
| Gynécologue | Pathologies gynécologiques, suivi spécialisé | Souvent plus long, très variable | 30€ pour la consultation de gynécologie | Expertise pointue en cas de problème identifié |
| Sage-femme | Contraception, suivi de grossesse physiologique, suivi post-partum | Variable selon votre territoire | Tarif conventionné | Temps d’écoute, approche de prévention |
| Centre de santé sexuelle | Contraception, dépistage, information sur la sexualité | Variable selon la structure | Variable, souvent accessible | Accueil sans jugement, équipe pluridisciplinaire |
Le tarif de base de la consultation de gynécologie est de 30€ en secteur 1 et les sages-femmes peuvent assurer le suivi de contraception et de grossesse physiologique. Aucune de ces portes n’est la bonne par défaut : ça dépend de ce dont vous avez besoin.
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Un bilan annuel en 4 étapes pour une approche holistique au quotidien
Votre checklist annuelle, en 4 étapes
- Bilan gynécologique annuel: faites le point sur votre contraception, votre cycle et vos éventuelles douleurs. Cet axe correspond au suivi reproductif et sexuel mis en avant par la HAS en mars 2023.
- Dépistage du cancer du col de l’utérus: suivez le calendrier adapté à votre âge et à votre histoire, avec votre médecin ou votre sage-femme. Le dépistage fait partie des axes prioritaires de ces mêmes recommandations.
- Suivi cardiovasculaire et osseux: tension, bilan sanguin, antécédents familiaux. L’approche holistique recommandée par la HAS invite à ne pas isoler la sphère reproductive du reste de la santé.
- Point sommeil et stress: notez vos nuits, votre fatigue, votre humeur. La dimension psychique fait partie des quatre dimensions que la HAS demande de considérer ensemble.
Pas besoin de tout cocher le même jour. Si une étape glisse d’un trimestre, ce n’est pas grave. L’intérêt de cette liste est de vous offrir un repère, pas une obligation.
Faut-il consulter un spécialiste pour chaque symptôme ou un suivi global suffit-il ?
Par quel professionnel commencer ?
Le médecin traitant constitue un excellent point d’entrée : il connaît votre histoire et peut vous orienter si nécessaire. C’est précisément l’esprit de la campagne de septembre 2021, qui visait à faciliter l’accès aux soins pour les femmes plutôt qu’à multiplier les portes à pousser.
Une sage-femme peut-elle suivre ma contraception ?
Oui. Les sages-femmes sont autorisées à prescrire une contraception et à assurer le suivi de grossesse physiologique. Les recommandations publiées par la HAS en mars 2023 s’inscrivent dans cette logique d’un suivi partagé entre professionnels de santé.
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Comment éviter la fragmentation des soins ?
En vous appuyant sur votre médecin traitant et sur le dossier médical partagé, qui permet à chaque intervenant de voir ce que les autres ont fait. Rappelons que l’approche holistique promue par la HAS en mars 2023 repose sur quatre dimensions à considérer ensemble : physique, hormonale, psychique et sociale. Un dossier qui circule est la condition pratique pour que cette vision globale existe.
Le suivi global est la seule approche qui tient la route et voici pourquoi
Notre avis est tranché : l’approche globale, promue depuis 2021 et formalisée par la HAS en mars 2023, est nécessaire. Elle colle à la réalité du corps, où les organes ne fonctionnent pas isolément.
Mais soyons honnêtes : elle est appliquée de manière très inégale. Un suivi fragmenté par spécialité fait perdre aux femmes du temps et de l’argent. Trois rendez-vous pour trois symptômes liés, c’est trois salles d’attente, trois explications répétées, parfois trois avis qui ne se parlent pas. À 30€ la consultation de gynécologie en secteur 1, la multiplication des passages finit aussi par peser sur un budget.
Le parcours idéal, selon nous, tient en trois principes. Un interlocuteur de référence qui coordonne, le plus souvent le médecin traitant. Des professionnels complémentaires, sages-femmes et gynécologues, qui se répartissent les rôles selon votre besoin. Un dossier partagé qui évite de repartir de zéro à chaque consultation.
Ce n’est pas un luxe. C’est la suite logique de ce que la campagne de 2021 avait lancé. Demandez ce suivi global et posez vos questions sans vous excuser.
